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Discussion: Coin Poésie

  1. #161
    Super Solo Avatar de moietmoi
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    Il faut que tu te voies mourir
    Pour savoir que tu vis encore
    La mer est si haute
    Et ton cœur si bas.

    P. Eluard

  2. #162
    Super Solo Avatar de catleya
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    Notre Père qui êtes aux cieux
    Restez-y
    Et nous nous resterons sur la terrre
    Qui est quelquefois si jolie
    Avec ses mystères de New York
    Et puis ses mystères de Paris
    Qui valent bien celui de la Trinité
    Avec son petit canal de l’Ourcq
    Sa grande muraille de Chine
    Sa rivière de Morlaix
    Ses bêtises de Cambrai
    Avec son Océan Pacifique
    Et ses deux bassins aux Tuilleries
    Avec ses bons enfants et ses mauvais sujets
    Avec toutes les merveilles du monde
    Qui sont là
    Simplement sur la terre
    Offertes à tout le monde
    Éparpillées
    Émerveillées elles-même d’être de telles merveilles
    Et qui n’osent se l’avouer
    Comme une jolie fille nue qui n’ose se montrer
    Avec les épouvantables malheurs du monde
    Qui sont légion
    Avec leurs légionnaires
    Aves leur tortionnaires
    Avec les maîtres de ce monde
    Les maîtres avec leurs prêtres leurs traîtres et leurs reîtres
    Avec les saisons
    Avec les années
    Avec les jolies filles et avec les vieux cons
    Avec la paille de la misère pourrissant dans l’acier des canons.

    Prévert
    Laisse tomber la neige, on fera des boules demain...

  3. #163
    Super Solo Avatar de moietmoi
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    "Jolies fleurs de mon pays sont pour moi
    Comme des papillons roses
    Qui sourient au soleil."

    Judes Roldes ( HAÏTI)

  4. #164
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    On ne connait que les chose qu'on apprivoise, dit le renard.Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise moi!

    Le petit prince
    A de St Exupéry

  5. #165
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    "L'amour est patient, il est plein de bonté;
    l'amour n'est pas envieux;
    l'amour ne se vante pas, il ne s'enfle pas d'orgueil,
    il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche pas son intérêt,
    il ne s'irrite pas, il ne soupçonne pas le mal,
    il ne se réjouit pas de l'injustice, mais il se réjouit de la vérité;
    il pardonne tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout.
    L'amour ne meurt jamais"

    -1 Corinthiens 13.1-13-

  6. #166
    Petit Solo Avatar de Papa-Gaga
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    THERE are gains for all our losses,
    There are balms for all our pain:
    But when youth, the dream, departs,
    It takes something from our hearts,
    And it never comes again.

    We are stronger, and are better,
    Under manhood’s sterner reign:
    Still we feel that something sweet
    Followed youth, with flying feet,
    And will never come again.

    Something beautiful is vanished,
    And we sigh for it in vain:
    We behold it everywhere,
    On the earth, and in the air,
    But it never comes again.


    The Flight of Youth
    By Richard Henry Stoddard

    C’est beau et y'a du vrai, même si le p'tit con en moi, je le soigne pour qu'il puisse s'exprimer encore le plus longtemps possible !
    Il n'y a pas de plus beau cœur que celui d'un enfant, et il n'y en a pas de plus mauvais que celui qui le brise.

  7. #167
    Petit Solo Avatar de Papa-Gaga
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    The Cloths of Heaven


    Had I the heaven's embroidered cloths,
    Enwrought with golden and silver light,
    The blue and the dim and the dark cloths
    Of night and light and the half-light;
    I would spread the cloths under your feet:
    But I, being poor, have only my dreams;
    I have spread my dreams under your feet;
    Tread softly because you tread on my dreams.

    W. B. Yeats

    Encore en anglais, mais ce texte est si beau !
    découvert dans un film pas si bourrin que ca finalement !

    la fin est vraiment belle, même une fois traduite...:

    "Mais je suis pauvre, et je n'ai que mes rêves;
    J'ai déposé mes rêves à tes pieds, alors,
    Marche doucement, car tu marches sur mes rêves."
    Il n'y a pas de plus beau cœur que celui d'un enfant, et il n'y en a pas de plus mauvais que celui qui le brise.

  8. #168
    Super Solo Avatar de moietmoi
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    Le Sud

    C'est un endroit qui ressemble à la Louisiane
    A l'Italie
    Il y a du linge étendu sur la terrasse
    Et c'est joli

    On dirait le Sud
    Le temps dure longtemps
    Et la vie sûrement
    Plus d'un million d'années
    Et toujours en été

    Y'a plein d'enfants qui se roulent sur la pelouse
    Y'a plein de chiens
    Y'a même un chat, une tortue, des poissons rouges
    Il ne manque rien

    On dirait le Sud...

    Un jour ou l’autre, il faudra qu’il y ait la guerre
    On le sait bien
    On n’aime pas ça, mais on ne sait pas quoi faire
    On dit c’est le destin

    Tant pis pour le Sud
    C’était pourtant bien
    On aurait pu vivre
    Plus d’un million d’années
    Et toujours en été

    Les Cornichons

    On est parti samedi dans une grosse voiture
    Faire tous ensemble un grand pique-nique dans la nature
    En emportant des paniers, des bouteilles, des paquets
    Et la radio

    Des cornichons, de la moutarde
    Du pain, du beurre, des p'tits oignons
    Des confitures et des oeufs durs, des cornichons
    Des corned-beef et des biscottes
    Des macarons, des tire-bouchons
    Des petits beurres et de la bière, des cornichons

    On n'avait rien oublié, c'est maman qui a tout fait
    Elle avait travaillé trois jours sans arrêter
    Pour préparer les paniers, les bouteilles, les paquets
    Et la radio

    Le poulet froid, la mayonnaise
    Le chocolat, les champignons
    Les ouvre-boîtes, et les tomates, les cornichons

    Mais quand on est arrivé, on a trouvé la pluie
    C'qu'on avait oublié c'étaient les parapluies
    On a ramené les paniers, les bouteilles, les paquets
    Et la radio

    On est rentré manger à la maison
    Le fromage et les boîtes
    Les confitures et les cornichons
    La moutarde et le beurre
    La mayonnaise et les cornichons
    Le poulet, les biscottes
    Les oeufs durs et puis les cornichons

    La maison près de la fontaine

    La maison près de la fontaine
    Couverte de vigne vierge et de toiles d'araignée
    Sentait la confiture et le désordre et l'obscurité
    L'automne
    L'enfance
    L'éternité...

    Autour il y avait le silence
    Les guêpes et les nids des oiseaux
    On allait à la pêche aux écrevisses
    Avec Monsieur le curé
    On se baignait tout nus, tout noirs
    Avec les petites filles et les canards...

    La maison près des HLM
    A fait place à l'usine et au supermarché
    Les arbres ont disparu, mais çá sent l'hydrogène sulfuré
    L'essence
    La guerre
    La société...

    C'n'est pas si mal
    Et c'est normal
    C'est le progrès.

    N Ferrer

  9. #169
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    Chercher Minuit

    Il a embrassé mes lèvres à minuit
    J'ai laissé faire
    Il a enlevé ma chemise
    J'ai laissé faire
    Il a enlevé mon soutien-gorge
    J'ai laissé faire
    Il a enlevé mon pantalon
    J'ai laissé faire
    Il a enlevé ma culotte
    et m'a regardé debout
    dans cette étrange et sombre
    chambre noire et blanche
    Je l'ai laissé faire
    Une petite lumière s'est glissée
    par la fenêtre
    j'ai jeté un oeil
    à la ville où nous vivions
    qu'aucun de nous ne connaît.
    Puis il a mal
    prononcé mon nom
    et je l'ai arrêté
    je lui ai demandé s'il avait déjà été
    exilé ou emprisonné
    s'il avait déjà envoyé
    une lettre à une femme
    aimée qu'il ne reverrait jamais plus,
    s'il pense que nous pouvons revenir
    vers un amour
    alors même que nous ne pourrions
    pas aimer
    la deuxième fois,
    je lui ai demandé s'il avait déjà
    dévalisé une petite épicerie
    ou volé un pain à un paysan,
    s'il avait déjà traversé
    mers, côtes et montagnes
    sans avoir
    réussi à arriver.
    Il a répondu :
    Je n'ai pas prononcé mon nom
    correctement dans mon pays
    alors j'ai été torturé,
    Je n'ai pas prononcé mon nom
    correctement en ligne ennemie
    alors j'ai été exilé,
    Je n'ai pas prononcé mon nom
    correctement à l'arrivée
    alors on m'a assigné de nouveaux
    papiers.
    Tu vois. Un cœur qui cherche minuit
    n'est qu'un cœur, tout le reste est
    pareil,
    sauf ce que l'autre attend.

    Nathalie Handal

  10. #170
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    Citation Envoyé par Neo Voir le message
    Chercher Minuit

    Il a embrassé mes lèvres à minuit
    J'ai laissé faire
    Il a enlevé ma chemise
    J'ai laissé faire
    Il a enlevé mon soutien-gorge
    J'ai laissé faire
    Il a enlevé mon pantalon
    J'ai laissé faire
    Il a enlevé ma culotte
    et m'a regardé debout
    dans cette étrange et sombre
    chambre noire et blanche
    Je l'ai laissé faire
    Une petite lumière s'est glissée
    par la fenêtre
    j'ai jeté un oeil
    à la ville où nous vivions
    qu'aucun de nous ne connaît.
    Puis il a mal
    prononcé mon nom
    et je l'ai arrêté
    je lui ai demandé s'il avait déjà été
    exilé ou emprisonné
    s'il avait déjà envoyé
    une lettre à une femme
    aimée qu'il ne reverrait jamais plus,
    s'il pense que nous pouvons revenir
    vers un amour
    alors même que nous ne pourrions
    pas aimer
    la deuxième fois,
    je lui ai demandé s'il avait déjà
    dévalisé une petite épicerie
    ou volé un pain à un paysan,
    s'il avait déjà traversé
    mers, côtes et montagnes
    sans avoir
    réussi à arriver.
    Il a répondu :
    Je n'ai pas prononcé mon nom
    correctement dans mon pays
    alors j'ai été torturé,
    Je n'ai pas prononcé mon nom
    correctement en ligne ennemie
    alors j'ai été exilé,
    Je n'ai pas prononcé mon nom
    correctement à l'arrivée
    alors on m'a assigné de nouveaux
    papiers.
    Tu vois. Un cœur qui cherche minuit
    n'est qu'un cœur, tout le reste est
    pareil,
    sauf ce que l'autre attend.

    Nathalie Handal
    Juste très beau. Merci

  11. #171
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    Choses qui font battre le cœur

    Des moineaux qui nourrissent leurs petits.
    Passer devant un endroit où l’on fait jouer de petits enfants.
    Se coucher seule dans une chambre délicieusement parfumée.
    S’apercevoir que son miroir de Chine est un peu terni.
    Se laver les cheveux, faire sa toilette, et mettre des habits tout embaumés de parfum. Même quand personne ne vous voit, on se sent heureuse du fond du cœur.
    Une nuit où l’on attend quelqu’un. Tout à coup, on est surpris par le bruit de l’averse que le vent jette contre la maison.

    Choses qui font naître un doux souvenir du passé

    Les roses trémières desséchées.
    Les objets qui servirent à la fête des poupées.
    Un jour de pluie, où l’on s’ennuie, on retrouve les lettres d’un homme jadis aimé.
    Une nuit où la lune est claire.

    Choses qui remplissent d’angoisse

    Regarder les courses de chevaux.
    Tordre un cordon de papier, pour attacher ses cheveux.
    Avoir des parents ou des amis malades, et les trouver changés. À plus forte raison, quand règne une épidémie, on en a une telle inquiétude qu’on ne pense à rien d’autre.
    Ou bien un petit enfant qui ne parle pas encore se met à pleurer, ne boit pas son lait, et crie très longtemps, sans s’arrêter, même quand la nourrice le prend dans ses bras.
    Quand une personne que l’on déteste s’approche de vous, on ressent, de même, un trouble indicible.

    Choses qui ne servent plus à rien, mais qui rappellent le passé

    Une natte à fleurs, vieille, et dont les bords usés sont en lambeaux.
    Un paravent dont le papier, orné d’une peinture chinoise, est abîmé.
    Un pin desséché, auquel s’accroche la glycine.
    Une jupe d’apparat blanche, dont les dessins imprimés, bleu foncé, ont changé de couleur.
    Un peintre dont la vue s’obscurcit.
    Dans le jardin d’une jolie maison, un incendie a brûlé les arbres. L’étang avait d’abord gardé son aspect primitif ; mais il a été envahi par les lentilles d’eau, les herbes aquatiques.

    Extraits de : Sei Shônagon, Notes de chevet,

  12. #172
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    Nous aurons du pain,
    Doré comme les filles
    Sous les soleils d´or.
    Nous aurons du vin,
    De celui qui pétille
    Même quand il dort.
    Nous aurons du sang
    Dedans nos veines blanches
    Et, le plus souvent,
    Lundi sera dimanche.
    Mais notre âge alors
    Sera l´AGE D´OR.

    Nous aurons des lits
    Creusés comme des filles
    Dans le sable fin.
    Nous aurons des fruits,
    Les mêmes qu´on grappille
    Dans le champ voisin.
    Nous aurons, bien sûr,
    Dedans nos maisons blêmes,
    Tous les becs d´azur
    Qui là-haut se promènent.
    Mais notre âge alors,
    Sera l´AGE D´OR.

    Nous aurons la mer
    A deux pas de l´étoile.
    Les jours de grand vent,
    Nous aurons l´hiver
    Avec une cigale
    Dans ses cheveux blancs.
    Nous aurons l´amour
    Dedans tous nos problèmes
    Et tous les discours
    Finiront par "je t´aime"
    Vienne, vienne alors

    L'âge d' or Léo Ferré
    Dernière modification par moietmoi ; 11/10/2014 à 21h10.

  13. #173
    Super Solo Avatar de catleya
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    Je suis comme je suis
    Je suis faite comme ça
    Quand j’ai envie de rire
    Oui je ris aux éclats
    J’aime celui qui m’aime
    Est-ce ma faute à moi
    Si ce n’est pas le même
    Que j’aime chaque fois
    Je suis comme je suis
    Je suis faite comme ça
    Que voulez-vous de plus
    Que voulez-vous de moi

    Je suis faite pour plaire
    Et n’y puis rien changer
    Mes talons sont trop hauts
    Ma taille trop cambrée
    Mes seins beaucoup trop durs
    Et mes yeux trop cernés
    Et puis après
    Qu’est-ce que ça peut vous faire
    Je suis comme je suis
    Je plais à qui je plais
    Qu’est-ce que ça peut vous faire
    Ce qui m’est arrivé
    Oui j’ai aimé quelqu’un
    Oui quelqu’un m’a aimée
    Comme les enfants qui s’aiment
    Simplement savent aimer
    Aimer aimer…
    Pourquoi me questionner
    Je suis là pour vous plaire
    Et n’y puis rien changer.

    Prévert
    Laisse tomber la neige, on fera des boules demain...

  14. #174
    Petit Solo Avatar de Des mots
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    Le bisou...

    Le bisou amical
    Sans que le cœur s’emballe
    Le bisou enchanteur
    Accompagné d’un bouquet de fleurs
    Le bisou progressif
    D’abord doux puis agressif
    Le bisou malin
    Se faufilant dans les moindres recoins
    Le bisou sucré
    Un délice pour l’être embrassé
    Le bisou fougueux
    La passion se lit au fond d’eux
    Le bisou tendre
    N’en peut plus de t’attendre
    Le bisou amoureux
    Lorsqu’on ferme les yeux

    Sunshineheart

  15. #175
    Super Solo Avatar de paolo
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    J’ai envie de t’embrasser

    J’ai envie de t’embrasser 

    Poser mes lèvres d’un geste tendre 

    Comme une offrande sur ta peau 

    Et que tu sentes comme mon cœur tremble 

    Dès que tu t’éloignes de moi
    J’ai envie d’être le silence 

    Un lieu magique où tout existe 

    Un lieu mythique où toutes tes caresses 

    Viennent en moi trouver le repos
    J’ai envie d’être une olive 

    Pour que tu viennes me récolter 

    Délicatement mettre à ta bouche 

    Et puis encore me savourer
    J’ai envie d’être un pinson, 

    Siffloter gaiement en ton absence 

    Murmurer aux étoiles et aux abeilles 

    Que tu es beau comme un soleil
    J’ai envie d’être le désert 

    Asséché quand tu es loin de moi 

    Et devenir une foggara 

    Dès que tu viens me retrouver 

    Et que je puisse comme une ondée 

    Te faire frissonner, te caresser
    J’ai envie d’être croissant de lune 

    Appétissante et puis coquine 

    Et venir la nuit te réchauffer 

    D’un doux rayon te caresser 

    Être là veillant sur ton repos 

    Pour que ton souffle s’échappe en moi
    J’ai envie d’être ton jour pendant la nuit 

    D’être ton amour pendant le jour 

    D’être papillon dès que tu t’éveilles 

    D’être la pluie celle qui donne vie
    J’ai envie de t’embrasser. 

    Poser mes lèvres d’un geste tendre 

    Comme une offrande sur ta peau 

    Et que tu sentes comme mon cœur tremble 

    Dès que tu arrives près de moi....
    J’ai envie d’être mais je le suis 

    Car tu illumines ainsi ma vie 

    La nuit le jour et pas d’ennui 

    Juste la vie qui nous enlace 

    Et le temps qui s’échappe avec grâce 

    Juste le Temps,
    Mon doux présent...

    Morjane
    Le bonheur c'est comme un arc-en-ciel, il faut de la pluie et du soleil pour en voir les couleurs.

    Avec le regard simple, revient la force pure.
    Christian Bobin

  16. #176
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    Une soirée perdue

    J'étais seul, l'autre soir, au Théâtre Français,
    Ou presque seul ; l'auteur n'avait pas grand succès.
    Ce n'était que Molière, et nous savons de reste
    Que ce grand maladroit, qui fit un jour Alceste,
    Ignora le bel art de chatouiller l'esprit
    Et de servir à point un dénoûment bien cuit.
    Grâce à Dieu, nos auteurs ont changé de méthode,
    Et nous aimons bien mieux quelque drame à la mode
    Où l'intrigue, enlacée et roulée en feston,
    Tourne comme un rébus autour d'un mirliton.
    J'écoutais cependant cette simple harmonie,
    Et comme le bon sens fait parler le génie.
    J'admirais quel amour pour l'âpre vérité
    Eut cet homme si fier en sa naïveté,
    Quel grand et vrai savoir des choses de ce monde,
    Quelle mâle gaieté, si triste et si profonde
    Que, lorsqu'on vient d'en rire, on devrait en pleurer !
    Et je me demandais : Est-ce assez d'admirer ?
    Est-ce assez de venir, un soir, par aventure,
    D'entendre au fond de l'âme un cri de la nature,
    D'essuyer une larme, et de partir ainsi,
    Quoi qu'on fasse d'ailleurs, sans en prendre souci ?
    Enfoncé que j'étais dans cette rêverie,
    Çà et là, toutefois, lorgnant la galerie,
    Je vis que, devant moi, se balançait gaiement
    Sous une tresse noire un cou svelte et charmant ;
    Et, voyant cet ébène enchâssé dans l'ivoire,
    Un vers d'André Chénier chanta dans ma mémoire,
    Un vers presque inconnu, refrain inachevé,
    Frais comme le hasard, moins écrit que rêvé.
    J'osai m'en souvenir, même devant Molière ;
    Sa grande ombre, à coup sûr, ne s'en offensa pas ;
    Et, tout en écoutant, je murmurais tout bas,
    Regardant cette enfant, qui ne s'en doutait guère :
    " Sous votre aimable tête, un cou blanc, délicat,
    Se plie, et de la neige effacerait l'éclat."

    Puis je songeais encore (ainsi va la pensée)
    Que l'antique franchise, à ce point délaissée,
    Avec notre finesse et notre esprit moqueur,
    Ferait croire, après tout, que nous manquons de coeur ;
    Que c'était une triste et honteuse misère
    Que cette solitude à l'entour de Molière,
    Et qu'il est pourtant temps, comme dit la chanson,
    De sortir de ce siècle ou d'en avoir raison ;
    Car à quoi comparer cette scène embourbée,
    Et l'effroyable honte où la muse est tombée ?
    La lâcheté nous bride, et les sots vont disant
    Que, sous ce vieux soleil, tout est fait à présent ;
    Comme si les travers de la famille humaine
    Ne rajeunissaient pas chaque an, chaque semaine.
    Notre siècle a ses moeurs, partant, sa vérité ;
    Celui qui l'ose dire est toujours écouté.

    Ah ! j'oserais parler, si je croyais bien dire,
    J'oserais ramasser le fouet de la satire,
    Et l'habiller de noir, cet homme aux rubans verts,
    Qui se fâchait jadis pour quelques mauvais vers.
    S'il rentrait aujourd'hui dans Paris, la grand'ville,
    Il y trouverait mieux pour émouvoir sa bile
    Qu'une méchante femme et qu'un méchant sonnet ;
    Nous avons autre chose à mettre au cabinet.
    Ô notre maître à tous, si ta tombe est fermée,
    Laisse-moi dans ta cendre, un instant ranimée,
    Trouver une étincelle, et je vais t'imiter !
    J'en aurai fait assez si je puis le tenter.
    Apprends-moi de quel ton, dans ta bouche hardie,
    Parlait la vérité, ta seule passion,
    Et, pour me faire entendre, à défaut du génie,
    J'en aurai le courage et l'indignation !

    Ainsi je caressais une folle chimère.
    Devant moi cependant, à côté de sa mère,
    L'enfant restait toujours, et le cou svelte et blanc
    Sous les longs cheveux noirs se berçait mollement.
    Le spectacle fini, la charmante inconnue
    Se leva. Le beau cou, l'épaule à demi nue,
    Se voilèrent ; la main glissa dans le manchon ;
    Et, lorsque je la vis au seuil de sa maison
    S'enfuir, je m'aperçus que je l'avais suivie.
    Hélas ! mon cher ami, c'est là toute ma vie.
    Pendant que mon esprit cherchait sa volonté,
    Mon corps savait la sienne et suivait la beauté ;
    Et, quand je m'éveillai de cette rêverie,
    Il ne m'en restait plus que l'image chérie :
    " Sous votre aimable tête, un cou blanc, délicat,
    Se plie, et de la neige effacerait l'éclat. "

    Musset
    Laisse tomber la neige, on fera des boules demain...

  17. #177
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    Car j'aimais tant l'aube, déjà, que ma mère me l'accordait en récompense. J'obtenais qu'elle m'éveillât à trois heures et demis, et je m'en allais, un panier vide à chaque bras, vers des terres maraîchères qui se réfugiaient dans le pli étroit de la rivière, vers les fraise, les cassis et les groseilles barbues.
    À trois heures et demie, tout dormait dans un bleu originel, humide et confus, et quand je descendais le chemin de sable, le brouillard retenu par son poids baignait d'abord mes jambes, puis mon petit torse bien fait, atteignait mes lèvres, mes oreilles et mes narines plus sensibles que tout le reste de mon corps... J'allais seule, ce pays mal pensant était sans dangers. C'est sur ce chemin, c'est à cette heure que je prenais conscience de mon prix, d'un état de grâce indicible et de ma connivence avec le premier souffle accouru, le premier oiseau, le soleil encore ovale, déformé par son éclosion...
    Ma mère me laissait partir, après m'avoir nommée « Beauté, Joyau-tout-en-or » ; elle regardait courir et décroître sur la pente son oeuvre, - « chef-d'oeuvre », disait-elle. J'étais peut-être jolie ; ma mère et mes portraits de ce temps-là ne sont pas toujours d'accord... Je l'étais à cause de mon âge et du lever du jour, à cause des yeux bleus assombris par la verdure, des cheveux blonds qui ne seraient lissés qu'à mon retour, et de ma supériorité d'enfant éveillé sur les autres enfants endormis.
    Je revenais à la cloche de la première messe. Mais pas avant d'avoir mangé mon soûl, pas avant d'avoir, dans les bois, décrit un grand circuit de chien qui chasse seul, et goûté l'eau de deux sources perdues, que je révérais. L'une se haussait hors de la terre par une convulsion cristalline, une sorte de sanglot, et traçait elle-même son lit sableux. Elle se décourageait aussitôt née et replongeait sous la terre. L'autre source, presque invisible, froissait l'herbe comme un serpent, s'étalait secrète au centre d'un pré où des narcisses, fleuris en ronde, attestaient seuls sa présence. La première avait goût de feuille de chêne, la seconde de fer et de tige de jacinthe... Rien qu'à parler d'elles je souhaite que leur saveur m'emplisse la bouche au moment de tout finir, et que j'emporte, avec moi, cette gorgée imaginaire...»

    Colette
    Oser, être soi, exister, vivre.

  18. #178
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    « Où sont les enfants ? » Elle surgissait, essoufflée par sa quête constante de mère chienne trop tendre, tête levée et flairant le vent. Ses bras emmanchés de toile blanche disaient qu'elle venait de pétrir la pâte à galette, ou le pudding saucé d'un brûlant velours de rhum et de confitures. Un grand tablier bleu la ceignait, si elle avait lavé la havanaise, et quelquefois elle agitait un étendard de papier jaune craquant, le papier de la boucherie ; c'est qu'elle espérait rassembler, en même temps que ses enfants égaillés, ses chattes vagabondes, affamées de viande crue...


    Au cri traditionnel s'ajoutait, sur le même ton d'urgence et de supplication, le rappel de l'heure : « 4 heures ! ils ne sont pas venus goûter ! Où sont les enfants ?... » « 6 h 30 ! Rentreront-ils dîner ? Où sont les enfants ?... » La jolie voix, et comme je pleurerais de plaisir à l'entendre... Notre seul péché, notre méfait unique était le silence, et une sorte d'évanouissement miraculeux. Pour des desseins innocents, pour une liberté qu'on ne nous refusait pas, nous sautions la grille, quittions les chaussures, empruntant pour le retour une échelle inutile, le mur bas d'un voisin. Le flair subtil de la mère inquiète découvrait sur nous l'ail sauvage d'un ravin lointain ou la menthe des marais masqués d'herbe. La poche mouillée d'un des garçons cachait le caleçon qu'il avait emporté aux étangs fiévreux, et la « petite », fendue au genou, pelée au coude, saignait tranquillement sous des emplâtres de toiles d'araignée et de poivre moulu, liés d'herbes rubanées...


    - Demain, je vous enferme ! Tous, vous entendez, tous !


    Demain... Demain l'aîné, glissant sur le toit d'ardoise où il installait un réservoir d'eau, se cassait la clavicule et demeurait muet, courtois, en demi-syncope, au pied du mur, attendant qu'on vînt l'y ramasser. Demain, le cadet recevait sans mot dire, en plein front, une échelle de six mètres, et rapportait avec modestie un œuf violacé entre les deux yeux...


    - Où sont les enfants ?


    Deux reposent. Les autres jour par jour vieillissent. S'il est un lieu où l'on attend après la vie, celle qui nous attendit tremble encore, à cause des deux vivants. Pour l'aînée de nous tous elle a du moins fini de regarder le noir de la vitre, le soir : « Ah ! je sens que cette enfant n'est pas heureuse... Ah ! je sens qu'elle souffre... »

    Pour l'aîné des garçons elle n'écoute plus, palpitante, le roulement d'un cabriolet de médecin sur la neige, dans la nuit, ni le pas de la jument grise. Mais je sais que pour les deux qui restent elle erre et quête encore, invisible, tourmentée de n'être pas assez tutélaire : « Où sont, où sont les enfants ?... »




    COLETTE : LA MAISON DE CLAUDINE : OÙ SONT LES ENFANTS.
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  19. #179
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    Ondine

    - " Ecoute ! - Ecoute ! - C'est moi, c'est Ondine qui
    frôle de ces gouttes d'eau les losanges sonores de ta
    fenêtre illuminée par les mornes rayons de la lune ;
    et voici, en robe de moire, la dame châtelaine qui
    contemple à son balcon la belle nuit étoilée et le beau
    lac endormi.

    " Chaque flot est un ondin qui nage dans le courant,
    chaque courant est un sentier qui serpente vers mon palais,
    et mon palais est bâti fluide, au fond du lac, dans le
    triangle du feu, de la terre et de l'air.

    " Ecoute ! - Ecoute ! - Mon père bat l'eau coassante
    d'une branche d'aulne verte, et mes soeurs caressent de
    leurs bras d'écume les fraîches îles d'herbes, de nénu-
    phars et de glaïeuls, ou se moquent du saule caduc et
    barbu qui pêche à la ligne ! "

    *

    Sa chanson murmurée, elle me supplia de recevoir son
    anneau à mon doigt pour être l'époux d'une Ondine, et
    de visiter avec elle son palais pour être le roi des lacs.

    Et comme je lui répondais que j'aimais une mortelle,
    boudeuse et dépitée, elle pleura quelques larmes, poussa
    un éclat de rire, et s'évanouit en giboulées qui ruisse-
    lèrent blanches le long de mes vitraux bleus.

    A Bertrand Ondine
    Oser, être soi, exister, vivre.

  20. #180
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    La nuit n’est jamais complète
    Il y a toujours puisque je le dis
    Puisque je l’affirme
    Au bout du chagrin une fenêtre ouverte
    Une fenêtre éclairée
    Il y a toujours un rêve qui veille
    Désir à combler faim à satisfaire
    Un cœur généreux
    Une main tendue une main ouverte
    Des yeux attentifs
    Une vie la vie à se partager.


    Paul ÉLUARD
    Recueil : "Le Phénix"
    Oser, être soi, exister, vivre.

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