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La monoparentalité : “une séquelle de l’esclavage” - Le journal de la Réunion

Le Journal de La Réunion publie un dossier sur les familles monoparentales, dans son édition du lundi 24 avril 2006, réalisé par Claire DAMON :

"La monoparentalité est une spécificité domienne. L’esclavage ne reconnaissait que la filiation maternelle. Déshumanisant, il contribuait à l’éclatement du cadre familial et de ses valeurs. Les nombreuses barrières sociales et spatiales entre les deux sexes rendaient fragiles les liens filiaux. Et la position de l’homme était particulièrement niée au sein d’une famille : il pouvait être vendu, séparé de ses enfants du jour au lendemain. Un phénomène qui semble avoir laissé des séquelles dans nos sociétés d’aujourd’hui. On parle alors de “cellule mère-enfant”, noyau dur de la vie du foyer. À noter d’ailleurs le terme “matrifocalité” que des sociologues ont mis en exergue à propos des îles Caraïbes.

À la Réunion, l’importance de la religion et du mariage semble avoir freiné ce phénomène, surtout dans le Sud. Aux Antilles et en Guyane, la monoparentalité est encore plus courante que sur notre île. Elle s’y développe encore. Ici, elle semble se stabiliser.

Thierry Malbert est anthropologue de la parenté, spécialiste de la famille. En effet, explique-t-il, “la conjugalité était très rare pour les esclaves. D’ailleurs de 1848 à 1852, on a constaté de nombreux mariages. Il y avait un fort besoin. On peut supposer que la monoparentalité de l’esclavage s’est transmis de génération en génération.” Le chômage est aussi un facteur explicatif. “Pour les hommes, l’absence de travail fragilise sa fonction socio-économique traditionnelle. Cela se répercute sur l’autorité à la maison. En plus de cela, les aides sociales sont souvent attribuées aux mères ce qui inverse les rôles. L’homme se retrouve en marge. Ce qui entraîne parfois des problèmes d’alcool, de dépression, de violences. Et encore de nos jours, être père d’une famille monoparentale n’est pas si simple : le regard des autres, le manque de référent, d’exemple paternel pour être papa soi-même.”

Écrit par Nathalie le 24/04/2006
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