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Interview Agnès Abécassis : Auteur du roman Les tribulations d'une jeune divorcée

Agnès Abécassis

Parent-Solo : Votre roman, " Les tribulations d'une jeune divorcée ", sorti en 2005, raconte la nouvelle vie de Déborah, qui se retrouve maman solo de deux petites filles (4 et 6 ans), et qui doit faire face à de nombreux bouleversements. Ne serait-ce pas une " Bridget Jones " qui, après avoir enfin trouvé le Prince Charmant, divorçait ?

Agnès Abécassis :… Sauf que Bridget Jones est plus insouciante et qu'elle n'a pas deux enfants à gérer comme Déborah. Et puis mon héroïne a eu une vie sexuelle et professionnelle quasiment inexistante avant son mariage. Elle redémarre dans la vie avec l'expérience d'une adolescente…sans en avoir l'âge !

P.S. : Est-ce une pure fiction ou ce roman est-il largement inspiré de votre vécu ?

A.A. : Attendez… vous ne croyez tout de même pas que je vais revendiquer la stupéfiante consommation de papier toilette de Déborah, ses problèmes de pilosité, ou ses lasagnes au thon chroniques ? (bon, les lasagnes au thon, à la rigueur…)

Je me suis régalée à inventer les scènes de cette histoire qui est avant tout une comédie.

Ok, je suis une maman divorcée, donc je me suis forcément inspirée des états émotionnels (paniqués et excessifs…) que j'ai pu éprouver après ma séparation.

Mais pour le reste, il s'agit d'une fiction.

P.S. : Quelle a été votre motivation de départ pour vous lancer dans l'écriture de ce livre ? Aviez-vous un message à faire passer aux femmes…ou aux hommes d'ailleurs ?

A.A. : Oui, et mon message est le suivant : " non seulement on peut survivre en ne mangeant que des pâtes, mais on peut même revivre en couple en ne sachant cuisiner que ça ! "

Quant aux hommes : continuez à me lire ! Vous apprendrez plein de choses sur les femmes, et vous serez plus forts !

P.S. : Certaines tâches de la vie quotidienne se compliquent quand on devient maman solo (monter les meubles d'Ikéa, grimper les étages avec les sacs de course, etc), auriez vous des " tuyaux " à donner ou des idées de services qui permettraient d'améliorer cela ?

A.A. : Ecoutez, personnellement, six ans après mon divorce, je ne sais toujours pas monter un meuble Ikéa, je suis incapable de changer une ampoule, je n'ai toujours pas mon permis de conduire et pire… je n'ai même pas l'intention d'apprendre.

Alors me demander à moi de donner des conseils sur le sujet… c'est comme de demander à un sourd-muet de vous interpréter une petite chanson pour vous remonter le moral.

P.S. : Vous décrivez très bien le sentiment de solitude dont on est assailli lorsque les enfants partent retrouver l'autre parent, même si ce n'est que le temps d'un WE. Peut-on réellement parler de " liberté retrouvée ", souvent mise en avant ? Pensez vous qu'elle est réellement bien vécue ?

A.A. : Je peux comprendre que laisser ses enfants à son ex-conjoint, si on n'a aucune confiance en ses capacités parentales, puisse être une torture. Surtout les premiers mois de la séparation, où chacun, parent comme enfant, doit établir de nouvelles marques dans cette configuration familiale inédite. Ensuite, le rythme va s'installer et, en voyant l'ex-conjoint et les enfants heureux de se retrouver et de passer du temps ensemble, on profitera de ces moments " à soi " l'esprit plus léger.

P.S. : Le statut de divorcée fait naître chez les autres des sentiments qui vont de la jalousie, à l'hostilité, en passant par la drague éhontée de certains hommes, ou la méfiance manifeste des femmes mariées : c'est dur mais sans doute malheureusement vrai. Pensez vous que ceci est en train de changer ?

A.A. : Pourquoi cela changerait-il ? Ces sentiments font simplement partie de la nature humaine…

Une divorcée est une femme " libre ", c'est à dire " sans homme ", donc potentiellement disponible pour l'homme qui drague, et dangereuse pour la femme qui est en couple.

Evidemment, en réalité, il y a un nombre considérable de femmes mariées prédatrices et de divorcées qui sexuellement mènent une vie de nonne.

Croyez-en la super jalouse que je suis : il faut se méfier de tout le monde ! Femmes célibataires, mariées, divorcées, hommes… tout le monde, je vous dis.

P.S. : Dans votre roman, Déborah n'a pas une vie professionnelle passionnante : le divorce peut-il être un frein à une carrière professionnelle ? L'avez-vous vérifié pour vous-même ?

A.A. : On a forcément plus de liberté professionnelle lorsqu'il y a un second salaire, celui du mari, qui sert de revenu principal. Je l'ai moi-même vérifié en divorçant, mais si cela m'a freinée professionnellement, cela ne m'a pas stoppée.

Après mon divorce, j'ai du vivre avec mes filles, pendant presque une année, avec très peu de revenus. Ca ne les a pas empêchées de continuer à se régaler de leur plat préféré (des pâtes au beurre), d'avoir de jolis cadeaux (faits maison) et des vêtements neufs (achetés par les grand-parents). Dans la vie, il y a parfois des moments plus difficiles, mais il faut tout mettre en oeuvre pour qu'ils ne soient que transitoires.

P.S. : Vous écrivez, à un moment, que lorsqu'on est parent solo et qu'on rencontre quelqu'un qui ne l'est pas, c'est un peu la rencontre de " 2 planètes différentes ". Pouvez-vous en dire plus ?

A.A. : Oui, quand deux planètes se rencontrent, ce sont des priorités et des préoccupations différentes qui sont mises en présence. Après, soit elles se croisent sans se dire bonjour, soit elles s'observent mutuellement en enviant l'autre, soit elles se font la guerre.

Ou alors, j'ai vu ça dans Star Treck et je confond.

P.S. : Dans le livre, lorsque vous êtes en pleine discussion sur " la vie " avec vos filles, vous remarquez que " ce mode de vie monoparental faisait naître quantités d'interrogations dans leurs petites têtes. Ainsi qu'une maturité et une certaine gravité, que ne possédaient pas les enfants de leur âge. ". Je pense aussi l'avoir vérifié. C'est un sacré point positif pour eux ?

A.A. : Effectivement. Le divorce, s'il ébranle profondément les repères de l'enfant et le fragilise, fait qu'il doit en même temps avoir à surmonter ce passage.

Les enfants sont à l'écoute en permanence. Ils ont besoin de rationaliser des évènements qu'ils ne comprennent pas, et qui chamboulent leur quotidien en profondeur.

C'est un peu comme un type qu'on oblige à faire du sport cinq heures par jour : au bout d'un moment, qu'il le veuille ou non, son corps s'adapte et il lui pousse des muscles.

Là, c'est pareil : les enfants, en s'adaptant, mûrissent et développent leur sensibilité beaucoup plus vite que les autres.

Par contre, pour que cette période de transition se passe le mieux possible, il est absolument indispensable de leur expliquer, avec leurs mots à eux et de la façon la plus neutre possible, ce qui est en train de se passer. Même s'ils se taisent, il faut les pousser à nous livrer leurs angoisses pour pouvoir les " casser " au fur et à mesure. Leur parler, mais en s'abstenant de démolir l'autre conjoint : on ne règle pas ses histoires de couple avec ses enfants !

L'ex reste son papa (ou sa maman) avant tout.

C'est grâce à ce dialogue que les enfants pourront être rassurés, et ne pas prendre pour de la réalité les scénarios dramatiques et disproportionnés qu'ils se font, en silence, dans leur petite tête.

P.S. : Vous abordez aussi les sites de rencontre sur internet, pour lesquels vous soumettez l'idée de les " transformer en vivier de copines potentielles, en ciblant essentiellement les femmes seules avec des enfants ". Avez-vous vu cet esprit en surfant sur www.parent-solo.fr ?

A.A. : Oui. Votre site est vraiment formidable, bien fait, et très convivial !

Pour tout dire, après www.agnesabecassis.com, c'est mon deuxième site préféré !

Parce que c'est utile, de se faire copines…ou des copains : je suis moi-même une femme qui a rencontré son fiancé sur internet. Comme quoi, les plus belles rencontres sont possibles n'importe où !

Entre filles, on se réconforte, on se change les idées, on se soutient, on se motive, on se raconte nos histoires d'épilation. On se fait un bien fou au moral en élargissant notre cercle de connaissances. Et ça, aussi bien pour notre humeur que pour l'image que l'on renvoie à nos enfants, c'est essentiel.

D'ailleurs, je vais faire passer le mot à toutes mes copines célibataires de venir vous rejoindre. Au besoin, je pousserai même celles dont le couple va mal à divorcer.

Ne me remerciez pas, c'est tout naturel.

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