Un peu comme le joli texte de Galène (désolé si l'orthographe du pseudo est mauvaise), j'avais envie de déposer ici, en souvenir, un joli texte extrait du film Genesis, de Claude Nuridsany et Marie Pérennou (2004), récité par un griot africain.

Ce texte a été lu par une amie d'enfance, lors de la cérémonie d'incinération de ma mère.

Comme nous sommes un peu en deuil du forum, je pense qu'il peut y trouver sa place.

Le voici :

"Toutes les histoires ont un commencement.
Le début de mon histoire à moi disparaît dans les limbes.
Comme toi, comme nous tous, j’ai perdu à jamais le souvenir de ma naissance.
Suis-je née le jour où ma mère m’a mise au monde ? ou bien la nuit où mes parents se sont aimés ? Et avant cet instant où était ce qui allait un jour se réunir pour devenir, moi ?
J’étais dispersée.
Cette galaxie de dix milliards de milliard de milliard d’atomes qui allait devenir moi, dans quelle plante, quel caillou, quel animal, quel visage, ont-ils migrés avant de se retrouver en moi ?
Avant même que la vie apparaisse, avant même que la terre se forme à partir de poussière d’étoile, où étaient-ils ?
Où étaient ces morceaux du puzzle ?
Y avait-il déjà quelque chose de ce qui allait un jour devenir moi, à l’origine des origines, quand l’univers sortit soudain du vide ?
Mon histoire se confond avec l’histoire de l’Univers.

Au commencement des commencements, à l’origine des origines, il n’y avait rien.
Je ne peux dire en ce temps-là, car le temps n’existait pas.
Je ne peux dire dans ce pays-là, car l’espace n’existait pas.
Rien qu’un néant sombre, noir comme une nuit sans lune, plus silencieux qu’une tombe, plus vide que le fond du désert.

Soudain, le vide accouche d’un minuscule œuf d’énergie et de matière.
C’est la naissance de l’espace, du temps.
Le bébé univers se dilate à toute vitesse. Enfle comme une gigantesque citrouille d’abord la forme de l’univers est lisse et uniforme. Puis apparaissent les premiers « grumeaux ». De simples nuages de gaz qui deviennent les galaxies. De ces galaxies, naissent les étoiles, chaudrons ardents où se forment ces minuscules graines de matière se disséminant comme poussière au vent et ensemençant l’espace.
Les atomes qui feront les nuages, les montagnes, les papillons, les tigres, les fleurs et nous-mêmes et plus de choses que ma bouche peut dire.
...
Un jour, mon corps abandonnera la lutte et restituera au monde cette matière dont je suis fait. Cette galaxie de milliard d’atomes qui font moi, mourra comme meurt les étoiles, ensemençant l’espace de sa matière.
Tous ces atomes qui sont venus danser en moi, s’en iront danser ailleurs. Trois petits tours, trois petits tours et puis s’en vont …
Ils m’écriront dans l’aile d’un papillon, l’écorce d’un arbre, le panache d’un nuage ou le poil d’une puce.
Et je laisserais là, ma chanson pour que d’autres la chante à leur façon."

Alors, continuez à chanter la chanson à votre façon.

Bises à toutes et à tous.