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Discussion: Le suicide et ses douleurs..

  1. #1
    Super Solo Avatar de hominem
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    Le suicide et ses douleurs..

    Pour ne pas polluer davantage le topic d'hommage à Thierry, je poste ici ce que je voulais répondre à Paruline. Je trouve important de préciser la raison de ma remarque.
    Je ne veux qu'exprimer des idées, sans prendre à partie quiconque. Désolé pour le ton.



    Citation Envoyé par Paruline Voir le message
    Rien de choquant à la remarque de viny...
    J'ai bien conscience que viny ne voulait certainement pas choquer, et je suis désolé si ma remarque l'a un peu brusquée. Mais à l'égard d'un suicide, je ne peux pas partager ce point de vue. C'est toujours une très grande dévastation un suicide, et pourtant, il n'y a rien de plus humain comme acte.

    Pour celui qui le commet, c'est le constat d'une grande désespérance. Il se tue car il haït quelque chose de lui qui lui est devenu insupportable.
    Pour ceux qui sont autour, sa famille, ses enfants, sa conjointe, c'est un leg très lourd, dur à supporter. Cela peut enfermer dans le silence, il faut beaucoup de volonté pour cette famille là pour dépasser cette douleur et cette culpabilité.

    Même si l'on est croyant, je ne pense pas que le sort de l'homme soit d'en finir ainsi, car cela signe la vie que le suicidé a menée comme étant un échec, quelles qu'aient été ses différentes phases même belles.

    Enfin, en bon matérialiste, je crois plus radicalement, qu'une fois mort, cela ne peut guère consoler de ne plus souffrir. C'est à mon tour de choquer cette fois, mais je suis convaincu que la souffrance montre au moins une chose, c'est qu'on est encore vivant.

    Et pour ceux qui pensent que c'est "fin de l'histoire"... le souvenir de Thierry au moins demeurera vivace chez ses amis, sa famille, ses enfants !
    Cela est une fausse consolation, ses enfants en tous cas auront à se débrouiller avec ce dernier geste, qui laisse tellement d'incompréhension.
    Autrement, il est vrai que cet homme restera vivant dans le souvenir de ses amis, de sa famille et de ses enfants. A la différence des autres morts, il faudra surement du temps pour arriver à en parler sereinement, si un jour, c'est possible.
    faut voir

  2. #2
    Supra Solo Avatar de borriquita
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    Citation Envoyé par hominem Voir le message
    Autrement, il est vrai que cet homme restera vivant dans le souvenir de ses amis, de sa famille et de ses enfants. A la différence des autres morts, il faudra surement du temps pour arriver à en parler sereinement, si un jour, c'est possible.
    Envie de te répondre que ce n'est pas si simple ... mais dans le meilleur des cas, oui, un jour, si c'est possible.
    Une femme qui de respecte ne déploie pas son BZ pour le premier venu. (nan, j'ai pas le bourdon, mais je gère)

  3. #3
    Super Solo
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    Je n'ai pas lu le post de Viny qui aurait amené cette nouvelle discussion, mais...

    Je crois sincèrement que le suicide comme toute chose peut être vécu et interprété de manière bien différente par chacun, selon son histoire, sa sensibilité, sa culture.

    J'ai vécu deux suicides dans ma famille proche puis très proche. Et je connaissais la douleur (physique pour l'un, psychique pour l'autre) des deux personnes.
    et oui, malgré le choc, et la douleur, et un profond sentiment d'injustice, très rapidement la certitude qu'au delà de la mort c'était le SOULAGEMENT de la souffrance qui avait pris le pas, s'est imposée.

    Dire que souffrir c'est encore vivre, c'est incontestable.
    Mais de là à dire que toute vie, mérite d'être vécue, je ne suis pas sûre. Quand tout est absorbé, annihilé, et déformé par la souffrance, qui a le droit de dire ce qu'on devrait faire ou non ?

    Il y a des souffrances qui ont une raison d'être, qui nous font grandir, ou même apprécier la vie par la suite.
    Et il y a des souffrances indépassables, continues, qui ne laissent plus aucune place à la vie.

    Se lever un matin en se disant que lutter contre cette souffrance la nourrit, et qu'il n'y a pas d'issue, pas de salut, autre que mourir, je le comprends profondément.

    J'espère seulement que ces personnes trouveront dans cet acte ultime la paix que chacun mérite. Quand on a la chance de vivre notre vie dans la paix, comment juger ceux pour qui la vie est un enfer ? Il n'y a que la compassion qui soit possible, la compréhension, et le respect.

    La mort fait partie de la vie, elles co-existent. Et personne ne peut non plus dire s'il sera plus difficile, long ou tortueux, d'accepter cette mort là plutôt qu'une autre. Le suicide n'est pas toujours la mort la plus absurde qui soit, glisser sur une peau de banane et mourir d'un trauma cranien oui ça n'a aucun sens, mais le suicide a du sens.
    Et le sens que l'on arrive à mettre sur la mort d'un proche, c'est ce qui nous aide à l'accepter.

  4. #4
    Super Solo Avatar de hominem
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    Citation Envoyé par skeepy Voir le message
    Je n'ai pas lu le post de Viny qui aurait amené cette nouvelle discussion...
    C'est une discussion en cours qui est placée dans le thème Psycho Santé, c'est le fil "salut Thierry44" un internaute régulier d'ici qu'une amie connaissait.
    J'ai réagi au message de Viny N°7 de la discussion, je l'ai ensuite regretté. Mais ton message me permet de voir ce que chacun peut penser de ce sujet si difficile.
    Effectivement je partage ton idée que le suicide comme toute chose peut être vécu et interprété de manière très différente par chacun.

    Dire que souffrir c'est encore vivre, c'est incontestable.
    Mais de là à dire que toute vie, mérite d'être vécue, je ne suis pas sûre. Quand tout est absorbé, annihilé, et déformé par la souffrance, qui a le droit de dire ce qu'on devrait faire ou non ?
    C'est une idée très intéressante, car disais-je, il n'y a rien de plus humain que le suicide qui n'existe quasiment pas dans le règne animal. Le propre de l'homme n'est pas seulement de rire, c'est aussi de souffrir psychiquement. Cette souffrance est certainement la pire de toutes.

    Je comprends bien cette idée que la mort soit une délivrance, mais personnellement, je ne peux l'admettre.

    Vivant, tout est encore possible. Mort, il ne reste que les regrets et les souvenirs.

    C'est vrai pour toute mort de toute manière, celle par suicide interpelle particulièrement. Et pourtant je reconnais que c'est l'acte de liberté suprême, c'est sans doute ce qui m'effraie.

    Tu as raison de parler du sens, effectivement, c'est bien ce qui aidera à accepter.
    faut voir

  5. #5
    Supra Solo Avatar de carine38
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    Citation Envoyé par hominem Voir le message
    C'est une discussion en cours qui est placée dans le thème Psycho Santé, c'est le fil "salut Thierry44" un internaute régulier d'ici qu'une amie connaissait.
    J'ai réagi au message de Viny N°7 de la discussion, je l'ai ensuite regretté. Mais ton message me permet de voir ce que chacun peut penser de ce sujet si difficile.
    Effectivement je partage ton idée que le suicide comme toute chose peut être vécu et interprété de manière très différente par chacun.



    C'est une idée très intéressante, car disais-je, il n'y a rien de plus humain que le suicide qui n'existe quasiment pas dans le règne animal. Le propre de l'homme n'est pas seulement de rire, c'est aussi de souffrir psychiquement. Cette souffrance est certainement la pire de toutes.

    Je comprends bien cette idée que la mort soit une délivrance, mais personnellement, je ne peux l'admettre.

    Vivant, tout est encore possible. Mort, il ne reste que les regrets et les souvenirs.

    C'est vrai pour toute mort de toute manière, celle par suicide interpelle particulièrement. Et pourtant je reconnais que c'est l'acte de liberté suprême, c'est sans doute ce qui m'effraie.

    Tu as raison de parler du sens, effectivement, c'est bien ce qui aidera à accepter.
    Je suis complètement d'accord avec les propos de Skeepy.

    Concernant la phrase en gras : Comment ça, vivant tout est possible ? Veux-tu signifier par là que si tu as connaissance du profond mal-être de quelqu'un, de ses idées suicidaires, tu feras tout pour aller au-delà de sa volonté ?
    Veux-tu dire qu'il faut agir contre cette personne ?
    Pour moi, il s'agit d'un manque profond de respect de l'autre en tant que personne avec son discernement. Sa façon de voir la vie et la mort diffèrent de la tienne, faut-il en déduire que c'est cette personne qui est dans l'"erreur" et que tu détiens la "bonne" façon de voir le monde, d'envisager la réalité qui nous entoure ?
    Faut-il vouloir les sauver à tout prix, juste pour se donner bonne conscience ? Se dire qu'on aura tout fait ? Au détriment de l'autre ?

  6. #6
    Supra Solo Avatar de Elohia
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    Hominem,

    Sans dévaloriser tes mots et aussi parce que personnellement touchée par le sujet... sais tu quel est le métier de Viny ?
    Combien elle côtoie la vie et aussi la mort ?
    Combien de personnes perdues et en demande d'aide elle a pu rencontrer ?

    Ce métier et son histoire personnelle font qu'elle a un certain fatalisme sur la vie mais aussi une certaine réalité sans affect car elle a croisé plus de vies sous toutes ses formes que nous en croiserons jamais pour la majorité.

    Je ne défends pas tous les propos de Viny... par contre, sur ce coup là, je sais (d'expériences hélas) que oui, le suicidé ne souffre plus.
    C'est une "grande" vérité que certain qualifierait de vérité de comptoir... qui n'est pas faite pour rassurer les restants, juste parce que c'est vrai.

    Les souffrances de ce type, on ne peut pas les appréhender totalement.
    Ce que vivent les suicidaires, on l'entrevoit, on le touche du doigt... mais on ne va jamais au fond car ce n'est pas du domaine du compréhensible pour les personnes non sensibilisées (ce que nous sommes en majorité).

    Je rejoins, par contre, Skeepy.
    Aujourd'hui, il existe des avancées médicales, sur beaucoup de domaines... et leur mise en place ne dépend que des moyens mis en face (volonté propre, financement, risques / bénéfices pour les patients, prises en charges par les assurances maladies, temps/disponibilités pour se former, ...).

    C'est vrai que ceux qui restent doivent faire face aux questions auxquels ils n'auront jamais réellement de réponses certaines, doivent assumer l'absence du suicidé, doivent apprendre à continuer à vivre avec ce que cela implique...

    Mais clairement, le suicide est une maladie qui n'a pas livré tous ses secrets et ses codes pour en guérir et qui continuera de dévaster des familles entières qui passeront une grande partie de leur vie à se demander ce qu'ils ont fait ou pas, ce qu'il aurait du faire ou pas... pour essayer de répondre à cette unique question qui restera sans réponse : POURQUOI ? (cet acte ? la maladie ? le défaut de traitement ? le manque de communication ? ...)
    Je n'ai jamais su définir le féminisme. Tout ce que je sais c'est qu'on me dit féministe chaque fois que mon attitude ne me permet plus de me confondre avec un paillasson. R. West

  7. #7
    Supra Solo
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    Aujourd'hui, il existe des avancées médicales, sur beaucoup de domaines... et leur mise en place ne dépend que des moyens mis en face (volonté propre, financement, risques / bénéfices pour les patients, prises en charges par les assurances maladies, temps/disponibilités pour se former, ...).

    oui mais comme chaque traitement, c'est long, c'est coûteux, ça demande aussi de trouver le bon traitement adapté à chaque personne avec la prise en charge adaptée
    et il surtout il faudrait détecter très vite les signes cliniques qui permettent de ne pas traîner pour envisager un traitement rapidement...
    ici en psychiatrie on ne traite que les urgences , on manque de psychiatre, on manque de personnel compétent, formé et disponible, on manque de beaucoup de choses encore aujourd'hui en France

    les soins oui mais pas accessibles pour tout le monde encore aujourd'hui
    Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c'est leur connerie... pas leur différence

  8. #8
    Supra Solo Avatar de Elohia
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    Et c'est une des grandes hérésies actuellement...

    Nous sommes parfaitement d'accord et je ne remets pas en cause le monde médical dont on exige des miracles aujourd'hui avec 3 bouts de chandelles et une ficelle.

    Quand je parle de volonté propre, c'est à associer à temps/disponibilité pour se former, c'est à associer avec motivation et valorisation des carrières... parfois aussi avec la volonté propre du praticien qui reste dans son pré de jardin (mais pas la majorité).

    A mes yeux, ce qu'il manque le plus aujourd'hui ceux sont les moyens.
    Tout doit être rentable (coût bien sur mais aussi temps de traitement, dosage, ...) et à bénéfice immédiat (financier tjrs mais aussi pour le patient qui veut se faire guérir avec 1 pilule et pour les instituts qui espère hospitaliser le moins de temps possible comme ça...) ... et si ça ne l'est pas, on investit pas.

    Quand tu écris "pas suffisamment" de praticiens, je suis d'accord. Tout le corps médical est en sous effectif, en surnombre d'horaires, dévalorisé.
    J'ai été effarée de constater en 2008 qu'en 5 ans, le temps d'intervention des urgences était passé en moyenne de 8 à 15 minutes... combien de fois a-t-on le temps de mourir ? Combien de séquelles évitables se seront installées ? Combien de douleurs pourraient être soulagées (surtout chez les enfants) ?...

    Mais je m'égare... oups...

    Revenons au sujet initial...
    Dernière modification par Elohia ; 31/08/2014 à 11h12. Motif: Digressions... sorry
    Je n'ai jamais su définir le féminisme. Tout ce que je sais c'est qu'on me dit féministe chaque fois que mon attitude ne me permet plus de me confondre avec un paillasson. R. West

  9. #9
    Super Solo Avatar de hominem
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    Citation Envoyé par carine38 Voir le message
    Concernant la phrase en gras : Comment ça, vivant tout est possible ? Veux-tu signifier par là que si tu as connaissance du profond mal-être de quelqu'un, de ses idées suicidaires, tu feras tout pour aller au-delà de sa volonté ?
    Veux-tu dire qu'il faut agir contre cette personne ?
    Je regrette ma réaction à l'égard de Viny, je le redis je ne voulais blesser personne. Mais il est un fait que le suicide me fait toujours réagir. Disons le clairement, je ne prends pas pour Dieu, je crois qu'il n'est pas possible d'empêcher quelqu'un qui en a la volonté, de se suicider. C'est aussi pour cela, que les uns et les autres sur ce forum et tous ceux qui ont connu Thierry44, ne doivent pas culpabiliser outre mesure, nous ne sommes pas des démiurges, nos pouvoirs sont limités, face à une volonté radicale.

    Ils existent néanmoins, et c'est à cause de cette marge là que j'ai écrit : "vivant, tout est encore possible." A mon sens, il est du devoir de l'humain tant qu'il en est encore capable de tout faire pour empêcher cet acte, dont je suis fermement convaincu qu'il ne peut être une solution.
    C'est une outrance évidemment, car les choses se dégradent parfois très vite en quelques semaines, cela arrive. Et le jour de l'acte fatal n'est surement pas le meilleur pour sauver la situation.

    Pour moi, il s'agit d'un manque profond de respect de l'autre en tant que personne avec son discernement. Sa façon de voir la vie et la mort diffèrent de la tienne, faut-il en déduire que c'est cette personne qui est dans l'"erreur" et que tu détiens la "bonne" façon de voir le monde, d'envisager la réalité qui nous entoure ?
    Je réponds sur cette interpellation qui est forte. Oui je pense qu'il ne faut pas banaliser l'acte et qu'il ne faut pas être compréhensif. Je rejoins presque les prescriptions religieuses et je soutiens que l'individu ne peut pas disposer si facilement de sa vie. Je regrette que la société ne se fasse pas assez l'écho de cette idée qu'elle traite très mal, et même dirai-je qu'elle ne veut pas traiter.

    Pourtant 10.000 suicides en France par an et 150.000 tentatives de suicides, reflètent bien imparfaitement ce que cela peut représenter pour la population française. De très nombreuses personnes en sont affectées.

    Il n'est pas dans mon propos de condamner le suicidé, de le blâmer et de lui interdire la sépulture religieuse, certainement pas, puisque je vois d'abord en lui un être en complète souffrance.

    Mais hélas il est facile de remarquer que le relâchement de l'interdit posé par la société n'a fait qu'aggraver les choses et augmenter le nombre des passages à l'acte.

    Alors oui, je crois qu'il faut aller à l'encontre d'une volonté d'en finir lorsqu'elle s'exprime à un tiers, parce qu'elle n'est peut-être qu'une tentative de se faire confirmer que la vie est précieuse. Cela s'appelle autrement l'assistance à une personne en danger, devoir auquel chacun est tenu.

    Je rappelle que je ne juge pas les actes des uns et des autres, qui serai-je pour cela, j'évoque plutôt les principes de vie d'une société.

    De toute manière, un suicidé complètement déterminé ne préviendra pas d'avance.
    faut voir

  10. #10
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    le probleme du suicidé hominen , tu ne peux pas" interdire"une émotion, voir une pulsion d'émotion(s) que seule lui ressent sur l'instant.

    ps. Je repend ton passage ou tu parles "du relachement d'interdit"
    Dernière modification par mamanalex ; 31/08/2014 à 12h09.

  11. #11
    Super Solo Avatar de rosie201
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    Cette émotion peut parfois seule être un rappel à la vie, redonne la pulsation cardiaque. Quand elle est exprimée, elle prend sa place, sa signification. D'un appel, elle devient certitude et a été entendue par le principal intéressé,la preuve, il est là, bien vivant.

  12. #12
    Super Solo Avatar de Elisabeth
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    pour avoir vecu la descente aux enfers, d'un de mes amis les plus proches il y a quelques années, je ne peux qu'etre touchée par tout ce qui se dit ici.
    la solitude, les reseaux sociaux, l'alcool pour combler le vide, l'empathie qui le rendait plus absorbant qu'une éponge à tous les malheurs des gens croisés sur des forums plus ou moins "intelligents", le manque de moyen financier, la maladie...je l'ai vu sombrer, couler, appeler au secours, j'ai été là avec sa famille le plus que j'ai pu, mais son mal etre etait plus fort que nous. Nous avons évité une fois qu'il mette fin à ses jours, mais trois jours après, il a récidivé et il est parti rejoindre les étoiles...
    Je m'en suis voulue, je m'en veux encore aujourd'hui, de n'avoir pas réussi à éviter cela...pourtant je sais que rien n'aurais pu l'éviter...j'aurais voulu qu'il reste avec nous, mais c'etait passer outre sa propre volonté à lui, c'etait aussi l'obliger à vivre dans la souffrance psychologique et physique...aujourd'hui je me dis que ma volonté de le voir rester aupres de nous était égoïste...
    aujourd'hui je veux croire qu'il est là près de nous chaque jour...heureux et soulagé
    La vie est belle....Osons la vie!!!!

  13. #13
    Super Solo Avatar de hominem
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    Je te remercie Cathel. Je regrette d'avoir abordé cette discussion alors qu'un des membres de cette communauté vient de se tuer. Toute la communauté en est évidemment émue. Et mes messages tombent comme des couperets froids, je m'en rends bien compte.

    Je pense surtout à la famille et aux enfants qui survivent à un père, une mère morte dans ces circonstances.

    Ne pas juger certes, mais aussi ne pas banaliser l'acte.

    L'interdit doit être posé, il n'empêchera pas l'émotion, mais il peut à lui seul retenir l'acte. A l'inverse, une trop grande compréhension de cette volonté d'en finir peut dérouter et précipiter.
    Il est facile hélas d'observer que les suicides se produisent souvent en vagues, le suicide d'un seul entraînant une rupture des digues de l'interdit, d'autres suivent généralement, dans le même milieu, la même ville.

    Voilà, je n'ai plus rien à dire.
    faut voir

  14. #14
    Super Solo Avatar de rosie201
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    Laisser les autres dans l'incompréhension, non ..

  15. #15
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    Citation Envoyé par skeepy Voir le message
    Dire que souffrir c'est encore vivre, c'est incontestable.
    il y en a pour qui vivre, c'est encore souffrir

    perso je n'arrive pas à trancher entre le suicide=lacheté ou suicide=courage

  16. #16
    Super Solo Avatar de hominem
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    Citation Envoyé par bebopelula Voir le message
    perso je n'arrive pas à trancher entre le suicide=lacheté ou suicide=courage
    suicide = souffrance plutôt ..

    Lâcheté ou courage me semblent déplacés.
    faut voir

  17. #17
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    je ne juge pas je me pose des questions sur lequel même l'intéréssé et des specialistes n'on pas véritablement la réponse.
    et loin de banliser cet acte qui pour moi est un acte aussi paradoxe qu'il soit bien vivant j'usqua la fin et l'au dela... si il yen a un.
    Bref je ne dis plus rien sur ce sujet car il me sensibilise de trop.

  18. #18
    Super Solo Avatar de -ju
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    Citation Envoyé par hominem Voir le message
    Je te remercie Cathel. Je regrette d'avoir abordé cette discussion alors qu'un des membres de cette communauté vient de se tuer. Toute la communauté en est évidemment émue. Et mes messages tombent comme des couperets froids, je m'en rends bien compte.

    Je pense surtout à la famille et aux enfants qui survivent à un père, une mère morte dans ces circonstances.

    Ne pas juger certes, mais aussi ne pas banaliser l'acte.

    L'interdit doit être posé, il n'empêchera pas l'émotion, mais il peut à lui seul retenir l'acte. A l'inverse, une trop grande compréhension de cette volonté d'en finir peut dérouter et précipiter.
    Il est facile hélas d'observer que les suicides se produisent souvent en vagues, le suicide d'un seul entraînant une rupture des digues de l'interdit, d'autres suivent généralement, dans le même milieu, la même ville.

    Voilà, je n'ai plus rien à dire.
    Bonjour.
    Et bienvenue au club! je crois que j'ai eu une démarche un peu semblable à la tienne et aussi incomprise.
    http://www.parent-solo.fr/forum/1286...ge-la-vie.html

    Maintenant oui je n'ai plus rien à dire ici sur le sujet.
    Et oui c'est un sujet très sensible où la souffrance de chacun se respecte (celles des autres, mais la mienne aussi sans me parler indirectement d'irrespect)
    "L'esprit c'est comme un parachute: s'il reste fermé on s'écrase." ;)

  19. #19
    Supra Solo Avatar de Elohia
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    Hominem,

    Personne n'encourage ce qui s'est passé (pour Thierry, pour mon oncle, pour les femmes et hommes venus sur le site avec leur douleur après le départ volontaire de leur conjoint, pour leur famille).

    Simplement, quand avant le suicide était pécher, aujourd'hui il est mieux compris.
    Ce n'est pas pour autant qu'il est mieux admis.
    On sait que cela vient d'une souffrance terrible, qu'un être est atteint dans son ensemble et que la personne se déconnecte progressivement du monde des vivants, que malgré tout le soutien et l'aide apporté il y a une mort => la sienne.

    Quand on entrevoit cette possibilité chez quelqu'un, la première réaction est d'essayer de l'aider, de lui parler des solutions qui existent, de l'amener a consulter des professionnels...
    Et on échoue (très trop souvent).

    Quand la personne part, finalise sa vie de son propre chef, rien ne la retient.
    Donc, pourquoi accabler ce départ en n'acceptant pas ce qui s'est passé ?

    Il n'y a pas d'effet de masse si dans la même ville quelques jours plus tard, une autre personne passe à l'action... l'élément déclencheur aurait pu être tout autre (une émission de TV, une discussion dans la rue, une phrase anodine d'un proche, ...).
    Un suicidaire échoue rarement une fois sa décision prise, il n'a pas besoin d'être "poussé" pour agir.

    Ce n'est pas parce que Thierry s'est suicidé qu'il aura entraîné avec lui d'autres personnes.
    Déjà parce qu'il n'y pensait pas en commettant ce geste fatal mais aussi parce qu'il voulait en finir avec sa vie, pas celle des autres.

    Placer un interdit sur le suicide, ce n'est pas respecter la vie.
    Bien sur qu'on ne comprend pas pourquoi / comment peut souffrir au point de mettre fin à ses jours...
    Bien sur qu'il faut encourager la vie...
    Mais a-t-on le droit de dire à quelqu'un qui souffre autant et tellement de continuer à vivre simplement parce qu'il doit vivre ?
    Je n'ai jamais su définir le féminisme. Tout ce que je sais c'est qu'on me dit féministe chaque fois que mon attitude ne me permet plus de me confondre avec un paillasson. R. West

  20. #20
    Supra Solo Avatar de sissou78
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    Pour ma part il est inacceptable en temps que parent de se suicider. Laisser ses enfants, les abandonner, les laisser penser qu'ils n'étaient pas assez bien, gentils ou autre pour retenir leur papa/maman..... alors oui je sais que tout n'est pas noir ou blanc mais quand on est le parent restant et que l'on doit regarder ses enfants et les entendre dire....."j'aurais aimé que papa voit ça, qu'il soit la....." on a le droit de ne pas accepter......

    On continu a vivre, a avancer malgré le vide laissé dans la vie de ses enfants.

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